Quand les choses deviennent particulièrement difficiles

Il est possible pour vous et le membre de votre famille ou votre ami d’apprendre à gérer de nombreux symptômes du TSPT, bien que certains s’avèrent difficiles à contrôler.

Étant donné le caractère unique de chaque situation, les suggestions qui suivent pourraient ne pas convenir à tout le monde, mais certaines techniques reconnues sont susceptibles de vous aider. Demandez de l’aide si vous en avez besoin.

Comment composer avec : Les flashbacks

Par « flashback », on entend le fait de revivre le souvenir d’un événement traumatisant passé. Un flashback peut amener le membre de votre famille ou votre ami à sentir et à agir comme si un traumatisme vécu dans le passé se produisait dans le moment présent. Il peut ainsi ressentir une dissociation ou un sentiment de détachement de son corps et en venir à sentir, à entendre, à voir et à ressentir des éléments du traumatisme passé.

Si le membre de votre famille ou votre ami est en proie à un flashback :

  • Demeurez calme;
  • Dites-lui que vous pensez qu’il vit un flashback;
  • Dites-lui qu’il est en sécurité dans le moment présent et qu’il n’est pas dans le passé;
  • Dites-lui que l’événement traumatisant n’est pas en train de se reproduire;
  • Aidez-le à se rappeler qui vous êtes et où il se trouve OU essayez de l’ancrer dans le moment présent en lui rappelant qu’il vous connaît et qu’il se trouve dans un endroit sécuritaire;
  • Évitez tout mouvement brusque et approchez-vous de lui lentement et face à lui, afin qu’il puisse vous voir venir vers lui;
  • Assurez-vous d’avoir sa permission avant de le toucher;
  • Encouragez-le à respirer lentement et profondément;
  • Essayez de maintenir l’environnement sécuritaire. Toutefois, si vous vous sentez en danger ou que le membre de votre famille ou votre ami risque de se faire du mal ou de faire du mal à quelqu’un d’autre, composez le 911 pour obtenir de l’aide.

Comment composer avec : Les perturbations du sommeil

Les perturbations du sommeil comprennent à la fois l’insomnie et des caractéristiques plus complexes, comme l’inversion des cycles du sommeil, la capacité de s’endormir sans toutefois demeurer endormi et le fait de dormir en position assise pour se sentir moins vulnérable.

Si le membre de votre famille ou votre ami connaît des perturbations du sommeil :

  • Invitez-le à établir et à maintenir une routine de sommeil : proposez-lui d’aller se coucher à la même heure tous les soirs, d’éviter de regarder la télévision avant d’aller se coucher, d’adopter des activités apaisantes, comme prendre un bain avant d’aller au lit. Ressource (en angl. seul.) : https://bit.ly/3AC4tj8
  • Avant le coucher, suggérez-lui de minimiser toute exposition à des éléments susceptibles d’exacerber ses symptômes, comme les médias sociaux, les actualités, les émissions de télévision ou les films, de même que les conversations intenses.
  • Sachez que les perturbations du sommeil sont courantes chez les personnes souffrant du TSPT. Or, celles-ci peuvent contribuer à leur manque de motivation et d’énergie, à leur perte de mémoire et à leur difficulté à se concentrer. Ressource (en angl. seul.) : Path to Better Sleep – Veteran Training (La voie vers un meilleur sommeil – Formation pour les vétérans) [va.gov] https://bit.ly/3xlQJH4

Avec la collaboration de la Clinique pour traumatismes de stress opérationnel St. Joseph’s

Comment composer avec : Les cauchemars

Si le membre de votre famille ou votre ami fait un cauchemar, il est généralement recommandé de ne pas le réveiller, et ce, pour plusieurs raisons :

  • Il est possible qu’il ne garde aucun souvenir de son cauchemar à son réveil et qu’il en soit donc moins affecté que vous ne le craignez;
  • Le réveiller risque plutôt d’interrompre son sommeil (qui bien souvent, est déjà compromis);
  • Si vous le réveillez, son cauchemar est susceptible de revenir lorsqu’il se rendormira;
  • Il est possible qu’il ne se réveille pas complètement et qu’il agisse comme s’il était toujours dans son rêve. Cela risque de mettre votre sécurité, comme la sienne, en danger.

Voici d’autres stratégies pouvant être utiles :

  • Optez pour des lits séparés, voire des chambres distinctes;
  • Retirez les objets près du lit avec lesquels il pourrait se blesser ou blesser quelqu’un d’autre;
  • Demandez un traitement;
  • Discutez de la situation avec un praticien afin d’obtenir plus d’information ou de mettre à l’essai de nouvelles stratégies.

Avec la collaboration de la Clinique pour traumatismes de stress opérationnel St. Joseph’s

Comment composer avec : La colère

Si vous remarquez que la colère du membre de votre famille ou de votre ami s’intensifie rapidement, mettez fin à la conversation difficile ou délicate qui en est l’objet.

  • Essayez de demeurer calme.
  • Donnez-lui de l’espace.
  • Essayez de préserver votre sécurité et celle des autres. Toutefois, si vous vous sentez en danger ou que le membre de votre famille ou votre ami risque de se faire du mal ou de faire du mal à quelqu’un d’autre, composez le 911 pour obtenir de l’aide.
  • Ressource : Anger and Irritability Management Skills – Veteran Training (Techniques de gestion de la colère et de l’irritabilité – Formation pour les vétérans) [va.gov]

Comment composer avec : La violence conjugale et familiale

La violence conjugale, aussi appelée violence entre conjoints ou violence dans le couple, désigne tout comportement manifesté dans une relation intime causant un préjudice physique, psychologique ou sexuel, pendant ou après la fin de la relation. Si les comportements du membre de votre famille ou de votre ami vous semblent devenir de plus en plus violents, ou si vous devenez victime de violence conjugale ou d’autres formes de violence familiale, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide :

  • Si vous croyez être en danger immédiat de subir de la violence conjugale, composez le 911;
  • Consultez la liste de lignes d’écoute en cas de crise, de refuges et d’autres mesures de soutien sur le site Web de l’organisme The Ending Violence Association of Canada (en angl. seul.) ou de Tel-Aide (en français).
  • Communiquez avec les Services bien-être & moral des Forces canadiennes, qui pourront vous fournir des fiches-conseils, vous présenter des témoignages et vous offrir du soutien.

Comment composer avec : Les foules

    • Avant de vous rendre dans un endroit bondé, convenez avec le membre de votre famille ou votre ami du temps que vous prévoyez y passer.
    • Avant de quitter la maison, entendez-vous avec lui sur un endroit précis auquel vous retrouver plus tard s’il ne se sent pas bien et qu’il ressent le besoin de se retirer.
    • Vérifiez auprès de lui s’il préfère que vous vous teniez ou que vous vous assoyiez devant ou derrière lui dans une foule. Il préférera probablement que vous lui soyez visible.
    • Soyez ouvert aux compromis. Peut-être devrez-vous vous rendre seul dans des lieux bondés ou devrez-vous prévoir de telles sorties à des moments de moins grande affluence.

Comment composer avec : L’évitement

Le membre de votre famille ou votre ami cherche peut-être à éviter ce qui lui rappelle son traumatisme : c’est ce que l’on appelle l’évitement. Il se peut qu’il ne veuille pas penser ou parler de son expérience, ni sortir pour s’adonner à des activités ou voir d’autres personnes. Il est aussi possible qu’il se tienne occupé afin d’oublier un moment son expérience et ainsi se couper des émotions qui l’envahissent.

  • Essayez de comprendre que l’évitement est un symptôme légitime du trouble de stress post-traumatique. Faites de votre mieux pour ne pas vous sentir visé.
  • Permettez au membre de votre famille ou à votre ami de disposer d’un espace sécuritaire où il pourra se réfugier pour contrôler ses symptômes et décompresser, au besoin.
  • Offrez-lui la possibilité de participer à des activités ou d’échanger avec d’autres personnes, en acceptant qu’il puisse refuser. Ne vous privez pas pour autant de participer à ces activités; il pourrait vous surprendre et se joindre à vous.
  • Soyez prêt à modifier vos activités au besoin, afin que le membre de votre famille ou votre ami y soit plus à l’aise et bénéficie d’options. Vous pouvez par exemple participer à une activité sur une plus courte période ou avec un nombre de personnes limité.
  • Parlez-lui de l’activité à l’avance afin qu’il puisse se préparer à celle-ci et aux émotions qu’elle peut susciter.
  • Acceptez que, pour un moment, vos liens et votre intimité se manifestent autrement dans votre relation. Le simple fait d’être tranquillement assis côte à côte avec un proche constitue en soi une forme d’intimité.

Comment composer avec : La suicidabilité

Il y a une relation entre le TSPT et les pensées et les comportements suicidaires. Le membre de votre famille ou votre ami peut avoir des pensées ou des projets suicidaires (« idéation ») ou en venir à faire une ou plusieurs tentatives de suicide.

Il est toutefois important de souligner que le fait de souffrir d’un TSPT ne signifie pas nécessairement que le membre de votre famille ou votre ami aura des pensées ou des comportements suicidaires. Le suicide est un phénomène complexe et est rarement dû à un seul facteur. Le risque de suicide varie en fonction du vécu personnel, de la situation qui prévaut et des caractéristiques émotionnelles.

Par ailleurs, le fait d’avoir des pensées suicidaires ne signifie pas nécessairement que le membre de votre famille ou votre ami court un danger imminent de s’enlever la vie. Évaluez la situation afin de déterminer s’il présente des signes précurseurs de risque imminent. En voici quelques exemples :

  • Il se montre de plus en plus imprudent dans ses actions et adopte des comportements autodestructeurs;
  • Il a planifié de manière précise où, quand ou comment il compte s’enlever la vie;
  • Il tente d’accéder à des objets dangereux ou cherche d’autres moyens de se faire du mal.

Si le membre de votre famille ou votre ami montre des signes de détresse émotionnelle, appelez le Service canadien de prévention du suicide au 1 833 456-4566. Si vous résidez au Québec, composez le 1 866 277-3553.

Si vous croyez que le membre de votre famille ou votre ami s’est infligé des blessures ou qu’il présente un danger imminent pour lui-même, composez le 911.

Pour en savoir davantage sur la façon de venir en aide à une personne qui est en état de crise, consultez cette ressource d’Anciens Combattants Canada (PDF, 100 Ko).

Si le membre de votre famille ou votre ami ne court aucun danger imminent et que vous pensez qu’il peut avoir des pensées ou des comportements suicidaires, il est important d’en discuter avec lui ouvertement et en toute franchise. Avoir une conversation sur le sujet est susceptible de faire avancer les choses. Contrairement à la croyance populaire, parler du suicide n’incitera pas le membre de votre famille ou votre ami à y penser davantage. Cela ne le poussera pas non plus à passer à l’acte. Vous pouvez notamment amorcer la discussion en lui demandant à quel moment il a commencé à avoir des pensées ou des comportements suicidaires. Il est également important d’utiliser un langage simple et positif qui témoigne de l’empathie envers lui et lui montre qu’il n’est pas seul.

Il vous faut faire attention à l’emploi de certains mots lorsque vous discutez de suicidabilité avec le membre de votre famille ou votre ami. Essayez par exemple d’éviter le terme « commettre », car il implique que le suicide est un crime, et n’utilisez pas les termes « réussi » ou « manqué » pour décrire une tentative de suicide, car le suicide n’est en rien une question de succès ou d’échec. Pour en savoir plus sur le langage à utiliser, visitez le « Centre for Suicide Prevention » (Disponible en anglais seulement).

Il est possible que le membre de votre famille ou votre ami ne veuille pas parler de ces pensées, de ces émotions et de ces comportements avec vous. N’essayez pas de lui imposer une telle discussion. Faites-lui plutôt savoir que vous serez là pour lui s’il désire en parler, quand il se sentira prêt à le faire. Vous pouvez également lui proposer différentes options à explorer de son côté, comme le fait de recourir à des services de soutien professionnel. Vous trouverez certaines de ces ressources ici.

Références

Les flashbacks

Le sommeil

Les cauchemars

La colère

La violence conjugale et familiale

  • MARSHALL, A. D., J. PANUZIO et C. T. TAFT, « Intimate Partner Violence Among Military Veterans and Active Duty Servicemen » dans Clinical Psychology Review, 2005, vol. 25, no 7, p. 862-876.

La suicidabilité