Nos 10 conseils pour aider un membre de la famille ou un ami souffrant du TSPT

Les conseils suivants ont été élaborés en collaboration avec des membres de familles touchées. Bien qu’il s’agisse de suggestions dont la mise en œuvre demande du temps et de la patience, leur applicabilité et leur pertinence peuvent dépendre de votre situation particulière. Ce qui fonctionne pour une personne peut ne pas fonctionner pour une autre.

Conseil no 1 : Prenez soin de vous!

Quelle que soit votre volonté de prendre soin du membre de votre famille ou de votre ami, vous ne pouvez pas continuellement donner sans refaire le plein de vos propres réserves. Soyez aussi bienveillant et attentionné envers vous-même que vous l’êtes envers lui.

Prenez du temps pour vous. Assurez-vous d’avoir votre propre système de soutien vers lequel vous tourner au besoin. N’oubliez pas que vos besoins sont tout aussi importants que ceux des autres.

Prendre soin de vous peut faire l’effet d’un modèle pour le membre de votre famille ou votre ami quant aux comportements à adopter pour assurer son bien-être.

À titre d’exemples d’activités liées aux soins personnels, vous pouvez notamment vous adonner à un passe-temps ou à une activité physique que vous aimez, méditer ou passer du temps avec des personnes de votre réseau de soutien, comme d’autres amis ou d’autres membres de votre famille.

Conseil no 2 : Informez-vous au sujet du TSPT

Conseil no 3 : Demandez-lui : « Comment puis-je t’aider? »

Le membre de votre famille ou votre ami a peut-être besoin d’être régulièrement rassuré. L’expérience du traumatisme ainsi que les symptômes qui en découlent peuvent être accablants, terrifiants, épuisants et entraîner un sentiment d’isolement.

  • Essayez de ne pas présumer de ce dont le membre de votre famille ou votre ami a besoin. Demandez-lui : « Comment puis-je t’aider lorsque tu es en crise? »
  • S’il suit un traitement, demandez-lui : « De quoi as-tu besoin après une séance de thérapie/traitement/counseling? »
  • Ne soyez pas contrarié s’il vous répond : « Je ne sais pas. » Peut-être ne s’est-il jamais posé la question et a-t-il seulement besoin de temps pour y réfléchir.
  • Soulignez ses progrès, ses réussites et ses forces, et discutez-en avec lui, peu importe l’ampleur du chemin parcouru.

Gardez à l’esprit que votre travail consiste à soutenir le membre de votre famille ou votre ami, et non à le rendre meilleur.

Conseil no 4 : Essayez de ne présumer de rien

Ce qui peut vous apparaître comme du désintérêt, de la colère ou de l’apathie n’est peut-être que la tentative du membre de votre famille ou de votre ami de maîtriser ses symptômes ou de comprendre ce que vous venez de dire ou de faire.

Conseil no 5 : Écoutez-le, mais sans le bousculer

En tant que membre de la famille ou ami, vous souhaitez peut-être comprendre et « régler » les problèmes de votre proche, ce qui peut vous amener à lui poser de nombreuses questions. Toutefois, si le membre de votre famille ou votre ami souffre du TSPT, il est possible qu’il ne comprenne pas très bien ce qui lui arrive et qu’il ne soit pas en mesure de répondre à vos questions.

Il peut également préférer ne pas vous communiquer certaines informations sur son traumatisme, ses émotions ou ce qu’il vit en thérapie. Bien que cela puisse être difficile, essayez de ne pas en faire une affaire personnelle et acceptez les informations dont il vous fait part.

Il est souvent difficile de voir un membre de votre famille ou un ami souffrir ou éprouver des difficultés, ce qui vous porte à vouloir lui offrir des conseils en vue de l’aider, surtout lorsque vous estimez avoir connu une situation similaire. Or, un conseil non sollicité peut donner le sentiment à une personne d’être incomprise ou critiquée, voire provoquer du ressentiment si les conseils donnés s’avèrent inefficaces. Ce que vous pouvez offrir au membre de votre famille ou à votre ami est avant tout votre soutien. Demandez-lui : « Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour t’aider? » ou « Y a-t-il quelque chose que tu aies déjà essayé et qui t’ait aidé? »

Conseil no 6 : Adoptez des stratégies de communication

Lorsque le membre de votre famille ou votre ami se sent en sécurité et qu’il y a peu de distractions :

Demandez-lui : « Est-ce un bon moment pour discuter? »

Soyez clair et concis dans les messages que vous souhaitez lui transmettre.

Accordez-lui du temps pour comprendre ce que vous lui demandez et y répondre. Il pourrait avoir besoin d’y réfléchir un moment, voire plus longtemps, quitte à vous revenir plus tard avec une réponse.

Concentrez-vous sur un élément important à la fois : il est parfois préférable de n’aborder qu’une seule chose lors d’un échange afin que le membre de votre famille ou votre ami ne se sente pas dépassé ou embarrassé.

Il est également possible que le membre de votre famille ou votre ami ait oublié votre dernier échange et qu’il vous soit nécessaire de le lui rappeler, avec délicatesse.

Conseil no 7 : Essayez de ne pas le juger

L’expérience qu’a une personne d’un événement, en particulier lorsqu’il s’agit d’un événement traumatisant, lui est unique, tout comme sa façon d’y réagir et d’y faire face.

Des affirmations telles que « Il faudrait peut-être que tu en reviennes! » ou « Tu as de la chance, ça aurait pu être pire! » ne seront d’aucune aide au membre de votre famille ou à votre ami, et peuvent en outre susciter un sentiment de culpabilité chez lui ou lui donner le sentiment d’être incompris.

Vous l’aiderez davantage en validant son point de vue et son expérience ainsi qu’en faisant preuve d’empathie.

Conseil no 8 : Déterminez les éléments déclencheurs, si possible

Tout ce qui est susceptible de rappeler l’expérience traumatique au membre de votre famille ou à votre ami peut être un élément déclencheur. Lorsqu’ils apparaissent, les déclencheurs peuvent provoquer ou « déclencher » des symptômes. Il peut s’agir d’images, d’odeurs, de sons, de goûts ou d’émotions associés au traumatisme. Il peut aussi s’agir de personnes, de lieux, de conditions météorologiques, de situations ou même de dates spécifiques. Les déclencheurs peuvent également être externes (livres, films, trafic, bruits forts ou foules) ou internes (douleur, émotions intenses). Ceux-ci sont uniques à chaque personne.

Si le membre de votre famille ou votre ami est en mesure de cerner certains de ses déclencheurs les plus courants et qu’il est disposé à en parler, vous serez mieux outillé pour le soutenir en lui donnant un peu d’espace et/ou un peu de temps pour se ressaisir.

Il est pratiquement impossible de déterminer l’ensemble des déclencheurs qui affligent une personne. Il ne vous appartient pas d’être à l’affût de tous ces déclencheurs ni d’essayer de les prévenir.

Conseil no 9 : Donnez-lui de l’espace et accordez-vous de l’espace

Vivre avec les symptômes du TSPT peut être accablant et exténuant. Le membre de votre famille ou votre ami peut avoir besoin d’un peu d’espace pour se ressaisir, gérer ses émotions, réfléchir ou se calmer. S’il dit avoir besoin d’un tel espace temporaire, même sous le coup de la colère, respectez sa demande. Vous pourrez poursuivre votre conversation plus tard.

Soutenir le membre de votre famille ou votre ami peut également s’avérer accablant et exténuant pour vous! Pour les mêmes raisons, il est tout aussi acceptable que vous ayez besoin de prendre du temps ou de vous éloigner de votre proche.

Conseil no 10 : Modérez vos attentes et soyez créatif!

Le membre de votre famille ou votre ami n’est peut-être plus la personne qu’il était avant le traumatisme. Son rétablissement peut être long et comporte des hauts et des bas. Il connaîtra des jours où il se montrera plus productif, plus interactif et plus heureux.

D’autres jours, il est possible qu’il ne soit pas en mesure de s’adonner aux mêmes activités qu’avant. Le cas échéant, certaines modifications créatives peuvent s’avérer nécessaires. Par exemple, il se peut qu’une personne qui aimait auparavant assister à des matchs de football dans un stade n’en soit plus capable, car la foule peut être un élément déclencheur pour elle. Pensez à vous asseoir dans un endroit moins fréquenté, près d’une sortie. Envisagez également la possibilité de regarder le match à la maison, en accompagnant le tout de votre casse-croûte préféré.

Références