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Centre d’excellence sur le trouble de stress post-traumatique (TSPT) et les états de santé mentale connexes

Rapport d’impact 2020

MESSAGE DU PRÉSIDENT ET CHEF DE LA DIRECTION
ET DU PRÉSIDENT DU CONSEIL

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Patrick Smith, Ph. D.
Président et chef de la direction du Centre d’excellence

Lorsque le mandat de créer un Centre d’excellence au service des vétérans canadiens et de leur famille a été élaboré, le problème ne faisait aucun doute : ceux et celles qui ont servi notre pays ainsi que leurs proches, aujourd’hui aux prises avec le fardeau du stress post-traumatique et des états de santé mentale connexes, n’avaient pas accès au soutien et aux services dont ils avaient besoin et qui, surtout, étaient plus que mérités.

Ce dont les vétérans et leur famille disent avoir besoin depuis des années était tout aussi clair : il n’y a aucune raison pour que les vétérans et leur famille aient à courir après les réponses à leurs questions au sujet du TSPT et des états de santé mentale connexes. De nombreuses questions nous ont été posées, notamment : « Qu’entend-on par TSPT et quels en sont les signes et les symptômes? »; « Comment puis-je savoir si moi ou un membre de ma famille en souffrons? »; « Quels sont les traitements et les mesures de soutien appropriés? »; « Comment puis-je, en tant que membre de la famille, soutenir mon conjoint tout en prenant aussi soin de moi? »; « Je sais que nos enfants sont affectés. Vers qui pouvons-nous nous tourner pour les aider? »; « Comment savoir à quelles sources d’informations se fier? »

Il est certes primordial de donner aux vétérans et à leur famille accès à l’information et aux ressources pertinentes, mais à elles seules, celles-ci ne sauraient répondre à l’ensemble de leurs besoins. Certaines questions ont en effet été soulevées à plusieurs reprises, notamment quant à l’accès équitable à des services et à des mesures des soutien de haute qualité qui ont fait leurs preuves : « Pourquoi ne pouvons-nous pas accéder aux mêmes thérapies et à des traitements qui fonctionnent, peu importe notre lieu de résidence? »; « Si l’on sait qu’un traitement fonctionne, pourquoi celui-ci n’est-il pas offert partout au Canada? »; « Pourquoi est-ce ma responsabilité d’éduquer mon thérapeute sur la culture militaire? »

Certains vétérans et membres de leur famille nous ont également fait part de leurs frustrations alors qu’ils avaient en quelque sorte pu accéder à des services, mais n’avaient toujours pas obtenu ce dont ils avaient réellement besoin : « Ce fut une grande déception, car nous pensions enfin avoir trouvé la solution à nos problèmes. Puis nous avons découvert que la thérapie et le traitement auxquels nous participions n’étaient pas aussi efficaces pour les militaires et les vétérans souffrant de TSPT. »; « Quand j’ai interrogé mon médecin au sujet des préjudices moraux, elle m’a dit qu’aucune étude n’avait pu démontrer l’efficacité d’une thérapie à cet effet. »; « Pourquoi devrions-nous attendre des années pour obtenir des réponses à ce à quoi nous sommes aujourd’hui confrontés? »; « Il n’existe pas d’approche uniforme pour traiter le TSPT. »; « Notre conseiller a admis ne pas vraiment connaître les meilleures approches pour aider les familles des vétérans. Il s’est contenté de hausser les épaules et de dire qu’ils faisaient de leur mieux. »

Nous avons aussi entendu les témoignages éloquents de vétérans et de membres de leur famille à propos de la force qu’ils ont su développée dans l’adversité, ces derniers soulignant la nécessité de nous concentrer sur la résilience et la croissance post-traumatique.

Alors que nous publions notre premier rapport annuel au sujet de notre impact sur la communauté – pas à pas et côte à côte – beaucoup de chemin a été parcouru en peu de temps afin de faire progresser la collectivité canadienne au service des vétérans et des familles sur ce continuum d’accès à des services de la plus haute qualité, grâce à des solutions systémiques transformationnelles. En soit, un tel accomplissement mérite d’être amplement célébré, mais le fait d’y parvenir tout en développant rapidement l’équipe et en composant avec la complexité accrue que représente la création d’une organisation pendant une pandémie mondiale constitue, par définition, un succès retentissant.

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Scott McLean
Président du Conseil

Au début du mandat, l’équipe du Centre d’excellence sur le TSPT a retenu les questions clairement énoncées par les vétérans et les membres de leur famille et a adopté une approche d’évaluation à grande échelle : nous avons d’abord cherché à comprendre les travaux qui avaient cours au Canada et dans le reste du monde, ainsi que les recommandations émanant de diverses études, puis nous nous en sommes servis pour étayer le plan de travail du Centre afin de répondre aux besoins exprimés par les vétérans et les membres de leur famille.

C’est ainsi que le Cadre conceptuel a été élaboré en collaboration avec le Phoenix Australia, l’un des deux seuls autres centres du genre à l’échelle internationale. En mettant l’accent sur ce que les vétérans et leur famille devraient pouvoir attendre d’un système optimal de services et de mesures de soutien, ce document est en quelque sorte notre étoile polaire, et nous sert de guide vers la conception d’un système exhaustif et efficace à l’intention de nos vétérans et de leur famille.

Nous estimons que pour trouver des solutions, il faudra adopter une approche à trois volets, à savoir reconnaître que l’information est essentielle, que ce que nous savons est aussi important que ce que nous ignorons et, enfin, que nous ne pouvons entreprendre ou poursuivre une telle tâche sans une réelle mobilisation, directe et continue, des personnes avant tout concernées.

  • Permettre l’accès à des renseignements à jour, fiables et pertinents constitue le premier maillon de la chaîne, le premier pas à franchir en vue d’aider les vétérans et leur famille. Nous devons faciliter leurs recherches et créer un répertoire central d’information, de services et de mesures de soutien à travers le Canada.
  • Mettre en œuvre ce qui a fait ses preuves et investir pour en apprendre davantage: D’importants progrès ont été réalisés au Canada et à l’échelle mondiale quant au traitement des problèmes de santé mentale et du TSPT. En mobilisant les connaissances, la formation et le perfectionnement des compétences actuelles des fournisseurs de services ainsi que sur le plan de la recherche, nous parviendrons à renforcer la capacité de l’ensemble des systèmes afin de rendre les traitements plus accessibles et équitables. Il est également important de reconnaître qu’il reste encore beaucoup à faire. Grâce à des recherches rigoureuses et à divers partenariats, tant au Canada qu’ailleurs dans le monde, nous serons à même de mieux comprendre comment aborder les enjeux les plus importants aux yeux des vétérans et de leurs familles.
  • Apprendre de nos intervenants : Le fait de s’engager en toute authenticité auprès des vétérans et de leur famille est l’un des aspects fondamentaux de la fonction du Centre d’excellence sur le TSPT. Trouver des réponses à leurs questions ne peut se faire qu’en travaillant conjointement avec eux.

Afin de remplir son mandat, le Centre d’excellence sur le TSPT veillera à accompagner les vétérans et leur famille à chacune des étapes du processus. Et, sachant que nous ne pourrons y arriver seuls, nous aurons besoin qu’ils marchent avec nous, pas à pas et côte à côte.

Ce rapport souligne les travaux entrepris au Centre d’excellence sur le TSPT au cours des derniers mois, alors que nous nous sommes employés à bâtir une fondation qui, dans son ensemble, nous permettra de répondre aux besoins maintes fois répétés des vétérans et de leur famille, en préconisant le changement de système qui s’impose, afin qu’ils aient plus largement accès et de manière plus efficace aux services. Ils l’ont bien mérité!

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Patrick Smith, Ph. D., président et chef de la direction du Centre d’excellence

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Scott McLean, président du Conseil

VOUS NOUS L’AVEZ DIT, NOUS AVONS ENTENDU

BRIAN MCKENNA
CONSEILLER STRATÉGIQUE – VÉTÉRANS

Ayant servi au sein des Forces armées canadiennes pendant 19 ans, Brian a participé à deux missions en Afghanistan et à deux autres en Bosnie. Puis il a pris sa retraite en tant qu’adjudant et a entamé une nouvelle phase de sa vie, cette fois à titre de vétéran, alors qu’il doit désormais composer avec un trouble de stress post-traumatique. Il aura été pendant un certain temps l’une des personnes qu’il s’efforce aujourd’hui de soutenir. Lorsqu’il a consulté un thérapeute, un changement s’est opéré en lui, et il est passé du statut de patient à celui de pair aidant, c’est-à-dire une personne qui utilise sa propre expérience afin de guider de nouvelles personnes qui entament un parcours similaire. C’est au cours de cette période qu’il a pris pleinement conscience du fait que, s’il était en mesure de soutenir les vétérans qui se donnaient la peine de l’appeler pour discuter, il ne parvenait pas à faire de même pour ceux qui n’appelaient pas ou qui en étaient incapables. Cette prise de conscience a poussé Brian à s’engager sur la voie du changement et à travailler à l’échelle nationale afin d’assurer la liaison avec de plus grandes communautés de vétérans en vue de mieux cerner leurs besoins et de se porter à leur défense.

Brian faisait partie de l’équipe de planification initiale à travers laquelle le Centre d’excellence sur le TSPT a vu le jour. Il est aujourd’hui ce conseiller stratégique vétéran qui veille à ce que la voix de ceux et celles pour qui le Centre a de prime abord été créé soit toujours entendue. Voici quelques mots de Brian au sujet de son travail au Centre : « Je n’ai que ma propre expérience pour aider les autres, mais elle est plutôt vaste alors que j’ai dans mon parcours été en contact avec les trois branches de la Force régulière et des réserves. Je n’ai pas la réponse à tout, mais je connais probablement quelqu’un qui l’aura. Lorsque nous changeons notre façon de penser pour faire appel à des personnes qui peuvent témoigner de leur propre expérience, à des gens qui nous communiquent ce qu’ils ont vécu, nous faisons un choix plus judicieux. Notre travail est fortement influencé par ceux et celles qui ont vécu l’expérience, car ils sont les seuls à pouvoir nous dire ce qui fait réellement défaut. »

Brian espère que les gens pourront bientôt ressentir les bienfaits des travaux que lui et ses collègues du Centre s’efforcent d’accomplir. Les vétérans commenceront à rencontrer des médecins qui les comprennent un peu mieux. Les fournisseurs de services se montreront plus sensibles et conscients lorsqu’ils travailleront auprès de vétérans souffrant de stress post-traumatique. Mais il s’agit selon lui d’une cible mouvante qui doit être adaptée continuellement afin d’assurer le succès de la mission : « Si les vétérans ne voient aucun changement dans leur vie, alors nous devons affiner et ajuster nos modes d’intervention. »

Le fait que les vétérans serviront toujours de guides et d’éclairage pour de tels travaux est l’un des principes fondamentaux du Centre, et une source de fierté immense pour Brian. Il explique clairement que sans leur contribution directe aux activités du Centre, les enjeux perdent leur contexte et deviennent plus difficiles à comprendre. Pour parvenir à une véritable compréhension et à déterminer les mesures de soutien qui fonctionneront vraiment, « nous avons besoin que des personnes aux réalités variées nous parlent de leur propre expérience. »

Brian McKenna

Advenant qu’une mesure de soutien ou un programme soit élaboré pour la communauté des vétérans, comment savoir s’il est adéquat? Qui décide de sa pertinence? Pour avoir un effet réel, il faut aller dans la communauté et découvrir si ce que nous faisons améliore réellement la situation. Vos actions n’auront pas les effets attendus et on ne vous prendra pas au sérieux sans que vous consultiez les vétérans. »

LARYSSA LAMROCK
CONSEILLÈRE STRATÉGIQUE, FAMILLES

Laryssa Lamrock

Je veux apporter des réponses sur les symptômes du TSPT et offrir du soutien aux familles. Je veux qu’elles disposent d’un endroit fiable vers lequel se tourner spontanément et en tout temps pour obtenir renseignements, formation et ressources. Je veux qu’elles sachent qu’elles ont un endroit où aller. »

C’est bien le rôle de Laryssa Lamrock, conseillère stratégique pour les familles au Centre d’excellence pour le TSPT. Elle sait que si elle veut donner des réponses aux familles, elle doit d’abord comprendre leurs questions. Pour s’en assurer, elle s’appuie sur deux grandes forces : sa propre expérience en tant que fille, partenaire et mère de militaires, et son engagement envers d’autres personnes vivant aussi dans des familles de militaires et de vétérans.

La relation d’aide, elle connaît bien. Tout au long de sa carrière, elle a écouté et soutenu plus de 1 200 personnes au sein de familles. Ces conversations lui ont permis d’élargir sa vision des problèmes auxquels sont confrontées les familles : « Ce n’est donc pas mon expérience que je mets à contribution, mais bien celle de ces 1 200 membres de familles qui m’ont informée, enseigné et marquée. »

Les familles avec lesquelles Laryssa a travaillé lui ont souligné à plusieurs reprises ce dont elles ont besoin : des stratégies efficaces pour soutenir leurs proches atteints de TSPT, qu’elles peuvent mettre en œuvre dès aujourd’hui. « Les familles s’inquiètent des répercussions du TSPT sur leurs proches, leur noyau familial et leurs relations. Bien qu’elles soient en colère, confuses et épuisées, elles veulent aider. Elles comprennent que le préjudice du vétéran affecte toute la famille. »

La conseillère stratégique n’hésite pas à dire que les familles sont souvent laissées pour compte en matière de soins aux vétérans atteints du TSPT : il y a beaucoup moins de ressources pour les familles de vétérans que pour les vétérans eux-mêmes. Pour elle, le défi consiste à transmettre rapidement aux familles des renseignements utiles et significatifs. À l’aide d’outils comme les balados, les pages Web spécialisées et les médias sociaux, elle espère rejoindre les familles des militaires et des vétérans partout au pays pour s’assurer qu’elles savent où trouver de l’aide et des ressources. En définitive, elle vise à « rendre le parcours de ces familles plus facile que le [sien] ».

Dans le cadre de son travail quotidien au Centre d’excellence, Laryssa continue de dialoguer et de créer des liens directement avec les membres des familles des vétérans. Elle étudie ses conversations, recueille de l’information et collabore à l’élaboration de stratégies visant à faire passer les enjeux à l’échelle nationale. Son engagement envers les membres des familles des vétérans l’aide à cibler leurs principales préoccupations tout en renforçant la dynamique unique de chaque famille. « Nous devons comprendre que les familles vivent avec une personne atteinte du TSPT. Il faut d’abord que cette réalité soit claire. J’espère vraiment bien comprendre le caractère unique de l’expérience de chaque personne. Je ne veux pas minimiser la réalité de quelqu’un en disant que je comprends. Leur expérience est trop unique. » Mais cette compréhension constitue la perspective qui lui permet de rester ancrée dans son rôle et sa mission : aider autrui à trouver le soutien dont elle aurait eu besoin elle-même en début de parcours.

LES VÉTÉRANS ET LES FAMILLES ÉTABLISSENT LES PRIORITÉS DU TRAVAIL

Le Centre d’excellence sur le TSPT a demandé aux membres des groupes de référence de vétérans et de familles de lui faire part de leurs points de vue sur le travail dans lequel le Centre s’investit à l’heure actuelle. Au terme d’une évaluation, à l’aide d’une valeur et d’un pointage, réalisée sur plus de 30 projets en cours, ils ont établi les domaines suivants comme priorités absolues.

Les familles des militaires et des vétérans sont touchées par le suicide

FAIT : Le taux de suicide est près de 50 % plus élevé chez les vétérans que chez militaires en service. Les hommes vétérans présentent un risque 1,4 fois plus élevé de mourir par suicide que les hommes de la population générale, tandis que les femmes vétérans courent un risque 1,9 fois plus élevé que les femmes de la population civile. 1
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Ce que nous ont dit les vétérans et leur famille

« La famille et les pairs jouent un rôle primordial dans la prévention du suicide. Nous devons savoir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, et miser sur les réussites. [traduction] »

- Membre anonyme d’un groupe de référence du Centre d’excellence

Nos actions

Ce projet à volets multiples portera sur la participation des familles aux initiatives de prévention du suicide chez les militaires et les vétérans dans six pays différents, dont le Canada. Il s’intéressera aux perspectives des familles ainsi qu’à leur volonté de participer à la conception de ces services et mesures de soutien, dans le but de créer une série de recommandations en vue des prochaines étapes de la recherche et de l’élaboration de programmes et de politiques. Ce projet permettra d’axer les discussions au sujet de la prévention du suicide chez les militaires et les vétérans sur les expériences et les besoins des familles.

Projet codirigé par Heidi Cramm, Ph. D., de l’Université Queens

Ce que cela signifie pour les vétérans et leur famille

La politique canadienne reconnaît officiellement à la fois le rôle joué par les membres de la famille en matière de prévention du suicide ainsi que les répercussions que peut avoir le comportement suicidaire sur l’unité familiale. Toutefois, aucune synthèse systématique des données de recherche n’a été effectuée à ce jour afin de comprendre l’implication des familles des militaires et des vétérans dans les systèmes militaires en ce qui a trait au suicide et à ce qui conduit à commettre l’irréparable, ou comment les données de recherche se reflètent dans les politiques, les services et les programmes destinés aux familles des militaires et des vétérans.

En collaboration avec divers intervenants, notamment des organismes gouvernementaux, les chercheurs de chaque pays se réuniront régulièrement pour discuter des résultats préliminaires. Cela permettra de s’assurer que l’analyse est fondée et pertinente en regard de la situation particulière de chaque pays, en plus de garantir l’élaboration de recommandations générales et spécifiques à chacun d’entre eux. La synthèse finale des résultats permettra de formuler un ensemble de recommandations et de priorités axées sur les vétérans pour la recherche et l’élaboration de programmes et de politiques.

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Soutien par les pairs

FAIT : La communauté des vétérans croit fermement que le soutien par les pairs constitue une intervention utile pour gérer les situations traumatisantes auxquelles ils sont confrontés dans leur travail, en leur servant d’exutoire auprès d’autres personnes susceptibles de comprendre leurs difficultés.
Ce que nous ont dit les vétérans et leur famille

« Le véhicule qui nous précédait dans le convoi nous servait de protection. Le soutien par les pairs est un moyen de retrouver un tel sentiment. [traduction] »

- Candace Bell, vice-présidente, Groupe de référence de vétérans

Nos actions

Le Centre d’excellence sur le TSPT cherche à recueillir les renseignements disponibles sur les programmes canadiens de soutien par les pairs afin de déterminer les approches ayant le mieux fonctionné, ce qui peut être amélioré et où se trouvent les lacunes. Le Centre s’affaire également à répertorier les organismes offrant du soutien par les pairs aux vétérans et à leur famille, en vue de créer une ressource qui fera l’inventaire des programmes proposés suivant leur emplacement, les services offerts, la faisabilité et le type de soutien par les pairs, et d’ainsi aider les vétérans et les familles à en apprendre davantage sur les programmes en place et à prendre une décision éclairée quant à l’option la mieux adaptée à leurs besoins.

Projet codirigé en collaboration avec VETS Canada

Ce que cela signifie pour les vétérans et leur famille

Dans les systèmes de soins de santé suivant un modèle de soins échelonnés et adaptés, les patients sont orientés vers les services les plus appropriés et susceptibles d’améliorer leur état de santé. De plus, un processus d’évaluation intégré leur permet de revoir les soins offerts en cours de route et de passer à un traitement plus intensif ou moins intensif en fonction de leurs besoins. Ces systèmes ont pour effet d’orienter les patients vers le niveau de traitement approprié, de sorte que les services fournis par des cliniciens spécialisés aux niveaux supérieurs sont réservés aux personnes ayant des besoins plus criants et plus complexes, alors que les utilisateurs peuvent intégrer le système directement au niveau de soins, de services et de soutien qui convient à leurs besoins.

Ce modèle a été largement utilisé à travers le monde et a été adapté afin de recenser les divers niveaux de services et de mesures de soutien nécessaires pour relever les différents défis en matière de santé. Le modèle de soins fondé sur le soutien par les pairs s’applique à l’ensemble des services et des mesures de soutien communautaires. Les conclusions de cet exercice exploratoire et de l’examen de la portée s’inscriront dans ce modèle conceptuel en donnant une image claire des programmes de soutien par les pairs offerts au Canada et de leur efficacité dans le cadre d’un modèle de services et de mesures de soutien à plusieurs niveaux. Les vétérans et les membres de leur famille pourront accéder aux résultats de cet exercice exploratoire pour les aider à s’orienter à travers les divers services de soutien par les pairs offerts au Canada.

VIOLENCE CONJUGALE

FAIT : Il est bien établi que la violence conjugale entraîne des conséquences négatives sur le plan psychologique, la dépression et l’anxiété étant les plus fréquentes. 2
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Ce que nous ont dit les vétérans et leur famille

« En tant que survivante de violence conjugale, ayant subi de la violence pendant plus de 43 ans, je dois dire que mon processus de guérison a été très long; mais je crois qu’il aurait été plus facile à vivre si les ressources appropriées avaient été disponibles et accessibles. Après avoir connu la violence conjugale, je suis aujourd’hui plus forte, plus optimiste et plus déterminée à provoquer des changements. [traduction] »

- Petra Babic, membre d’une famille de militaire

Nos actions

Une collaboration entre le Centre d’excellence sur le TSPT et le Phoenix Australia – Centre for Posttraumatic Mental Health a été mise en place afin d’étudier la violence conjugale dans les communautés de militaires et de vétérans en contexte canadien. Cette collaboration a pour but de générer des données préliminaires et un cadre de recherche en vue d’appuyer les réponses à la violence conjugale et d’établir des partenariats ainsi qu’un réseau de relations de collaboration intersectorielle qui puisse soutenir un créneau continu d’études sur la violence conjugale.

Ce que cela signifie pour les vétérans et leur famille

Il a été porté à l’attention du Centre d’excellence sur le TSPT que la violence conjugale constitue un problème bien réel au sein des communautés de militaires et de vétérans. Ces travaux, qui s’appuient sur des données de recherche, nous permettront de mieux comprendre l’incidence des actes de violence conjugale au sein de ces communautés. Le cadre permettra en outre de cerner et de décrire les principales approches de lutte contre la violence conjugale qui ont déjà été implantées dans des milieux militaires ou propres aux vétérans. Les résultats nous aideront à orienter nos travaux futurs dans ce domaine, ce qui pourrait mener à l’élaboration de politiques et de programmes visant à prévenir et à traiter la violence conjugale.

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Échelle d’évaluation des préjudices moraux

FAIT : L’expérience des combats et du contexte militaire peut revêtir diverses formes, plusieurs ne constituant pas pour autant une menace directe pour l’intégrité physique de la personne. Par exemple, 49 % à 84 % des membres des Forces armées canadiennes (FAC) ont déclaré avoir été exposés à des atrocités ou à des massacres pendant leur déploiement. 3
Ce que nous ont dit les vétérans et leur famille

« Il est primordial de comprendre le concept de préjudice moral ainsi que ses répercussions. La culpabilité, la honte et la colère qui peuvent découler d’un événement préjudiciable sur le plan moral peuvent avoir des effets négatifs sur les vétérans et leur famille. Cette recherche sera essentielle pour mieux comprendre les conséquences des préjudices moraux et pour mettre en place des mesures de soutien renforcées à l’intention des personnes touchées par de tels préjudices. [traduction] »

- Bethany Easterbrook, membre d’un des groupes de référence

Nos actions

En collaboration avec ses partenaires internationaux, le Centre d’excellence sur le TSPT s’affaire à l’élaboration d’une échelle d’évaluation des préjudices moraux, qui permettra de mesurer lesdits préjudices afin d’aider les cliniciens et les chercheurs à évaluer les conséquences de l’exposition à des événements potentiellement préjudiciables sur le plan moral. Celle-ci utilisera les données d’une étude sur les préjudices moraux chez les militaires et les vétérans de l’Australie, du Canada, du Royaume-Uni et des États-Unis. La présente étude a été motivée par la mise en place d’une collaboration internationale ayant reconnu la nécessité de disposer d’une mesure de référence des préjudices moraux qui soit validée à l’échelle internationale, afin d’améliorer les soins offerts aux militaires et aux policiers, retraités ou en service, partout dans le monde, qui courent un risque important d’être exposés à des événements potentiellement préjudiciables sur le plan moral.

Projet réalisé en collaboration avec le consortium international dirigé par Brett Litz, Ph. D., de la Boston University

Ce que cela signifie pour les vétérans et leur famille

Le débat se poursuit quant à savoir si les traitements actuels du stress traumatique, fondés sur des données probantes, tiennent compte de la pathologie associée à l’exposition à des événements potentiellement préjudiciables sur le plan moral, où ce sont la culpabilité et la honte qui prédominent plutôt que la peur. De récentes études soutiennent l’idée que le préjudice moral et le TSPT diffèrent probablement quant à leur association avec les systèmes de réponse au stress physiologique ainsi qu’avec la fonction des symptômes et la façon dont ceux-ci perdurent chez l’individu. Une fois validée, l’échelle d’évaluation des préjudices moraux pourra être utilisée par les spécialistes de la santé mentale en contexte militaire au Canada et d’autres prestataires de services dans le cadre de leurs processus habituels d’évaluation et de planification des traitements, afin d’orienter les soins fournis aux militaires en service et aux vétérans.

Évaluation des besoins des prestataires de services

FAIT : En 2013, les vétérans de la Force régulière des FAC étaient deux fois plus nombreux à qualifier leur santé mentale de « passable ou mauvaise » que les citoyens de la population générale. 4
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Ce que nous ont dit les vétérans et leur famille

« Mon mari est revenu de sa cinquième mission à l’étranger le 2 septembre 2011. On l’a informé qu’il devrait se rendre à l’hôpital de la base deux jours plus tard afin de passer un test pour déceler un TDAH. On l’a dupé : il devait plutôt s’y rendre afin de recevoir un diagnostic de TSPT. Ils lui ont immédiatement administré des médicaments psychoactifs, lui ont demandé de remplir de nombreux formulaires, lui ont dit qu’il ne porterait plus jamais l’uniforme et l’ont retourné à la maison... nous le confiant à mon fils et à moi. [traduction] »

- Marcia Chafe, membre d’une famille de militaire

Nos actions

Le Centre d’excellence a lancé une série de sondages afin de mieux comprendre les impératifs particuliers des fournisseurs de soins de santé mentale travaillant auprès des vétérans et de leur famille quant à la mise en œuvre de pratiques fondées sur des données probantes, notamment leurs besoins et leurs préférences en matière de formation. Les sondages s’adressent aux cliniques pour traumatismes liés au stress opérationnel (TSO) du Canada, à certains organismes de soutien par les pairs, ainsi qu’aux fournisseurs de services de santé mentale indépendants et aux organismes de soutien axés sur les vétérans et leur famille. Les conclusions de ces sondages nous aideront à adapter les formations offertes aux besoins des fournisseurs afin d’améliorer les soins.

Ce que cela signifie pour les vétérans et leur famille

Dans un horizon à long terme, nous avons espoir que les vétérans et leur famille comprendront mieux les options de soins qui s’offrent à eux, qu’ils sauront davantage à quoi s’attendre dans leur recherche de soins, et qu’ils auront accès à de multiples options de soins fondés sur des données probantes, peu importe leur lieu de résidence. En utilisant les résultats de l’évaluation des besoins afin de concevoir du matériel pédagogique sur mesure à l’intention des fournisseurs, nous prévoyons améliorer l’expérience des soins pour les vétérans et leur famille. À titre d’exemple, nous élaborons des ressources de formation pour les fournisseurs afin de favoriser une meilleure compréhension du contexte dans lequel évoluent les vétérans et prévoyons en concevoir de nouvelles afin de renforcer les connaissances et les compétences des fournisseurs en regard des besoins uniques des vétérans dans toute leur diversité, y compris les vétérans 2SLGBTQ+ et PANDC.

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Analyse des lacunes en matière de recherche et de connaissances

FAIT : Il faut poursuivre les recherches sur le TSPT et la santé mentale des vétérans et des familles afin d’élaborer des options de traitement plus efficaces.
Ce que nous ont dit les vétérans et leur famille

« Bien que de nombreuses recherches aient été effectuées sur le TSPT à ce jour, la plupart ont été réalisées de façon isolée et se sont peu intéressées aux travaux de chercheurs d’autres horizons. L’analyse des lacunes en matière de connaissances offre l’occasion de synthétiser les connaissances et les expériences d’un large éventail d’acteurs, y compris les besoins subjectifs exprimés par les vétérans eux-mêmes, et nous permettra, espérons-le, de voir la forêt dans son entièreté, et non seulement quelques arbres isolés. [traduction] »

- Walter Callaghan, vétéran et membre du groupe de référence de chercheurs

Nos actions

Ce projet permettra d’élaborer les plans de recherche et de mobilisation des connaissances du Centre d’excellence sur le TSPT de manière à répondre directement aux besoins des vétérans et des membres de leur famille en matière de soins de santé mentale. Tout au long du projet, divers intervenants ainsi que des vétérans et des membres de leur famille seront consultés afin de fournir un aperçu des plus importantes lacunes actuelles en matière de recherche et de connaissances sur le TSPT et les états de santé mentale connexes au Canada. Les perspectives des vétérans et de leur famille aideront le Centre à déterminer les priorités en matière de recherche et de mobilisation des connaissances au cours des prochaines années.

Ce que cela signifie pour les vétérans et leur famille

En orientant nos priorités futures en matière de recherche et de mobilisation des connaissances, ce projet contribuera à faire connaître la recherche de pointe innovante sur le traitement du TSPT; à cibler et à combler les lacunes en matière d’informations et de données probantes sur le TSPT chez les vétérans canadiens, leur famille et leurs proches, les représentants de la GRC, les professionnels de la santé mentale, les employeurs, les éducateurs, les décideurs et les chercheurs; à développer et à consolider la capacité de recherche sur les besoins des vétérans et de leur famille en matière de soins de santé mentale et de traitements efficaces; à renforcer la capacité de répondre aux priorités en ce qui concerne la recherche sur le TSPT et à créer de nouvelles ressources pour faciliter l’accès aux données probantes.

Points saillants

AVANCEMENT DE LA RECHERCHE

INVESTISSEMENT DANS LA RECHERCHE CANADIENNE À L’ÉCHELLE NATIONALE

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27 partenariats avec des chercheurs et des partenaires de plus de 35 universités et organismes, dont 20 impliquent la participation de plus de 50 chercheurs

LIENS ET COLLABORATIONS À L’ÉCHELLE INTERNATIONALE

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2 partenariats de recherche avec plus de 30 chercheurs et collaborateurs de 3 pays

DÉMONSTRATION D’UN LEADERSHIP ÉCLAIRÉ

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12 manuscrits ont été soumis ou acceptés pour publication

MOBILISATION DE LA COMMUNAUTÉ

RÉSEAU DE RÉSEAUX

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7 vétérans des Forces armées et de la GRC ainsi que 8 membres de leur famille, 12 fournisseurs de services et 15 chercheurs participent activement à nos groupes de référence afin de guider l’équipe et les travaux du Centre d’excellence.

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70 personnes ont été engagées par l’entremise de divers comités consultatifs de projets et de diverses communautés de pratique, y compris des vétérans, des familles de vétérans, des fournisseurs de services et des chercheurs.