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Déclaration officielle sur les récentes allégations d’inconduite sexuelle dans les forces armées canadiennes

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Dans les dernières semaines, des allégations d’inconduite sexuelle ont été formulées contre des militaires faisant partie des échelons les plus élevés des Forces armées canadiennes (FAC) par de nombreuses femmes. Elles s’ajoutent à celles de toutes les autres personnes qui ont parlé d’expériences semblables au cours des dernières années.

Depuis sa création, le Centre d’excellence sur le trouble de stress post-traumatique (TSPT) s’est résolument engagé à représenter les vétérans qui ont connu des parcours individuels et multiples les ayant menés au TSPT et à des traumatismes complexes. Parmi ceux-ci, on trouve le TSPT lié au stress du combat, le préjudice moral, la purge LGBT et le traumatisme sexuel militaire (TSM). 

Le Centre utilise délibérément le terme « traumatisme sexuel militaire » plutôt que le terme « inconduite sexuelle militaire ». Le terme choisi met l’accent sur les répercussions de l’acte ou des actes sur la personne qui les vit plutôt que sur le comportement, et il indique ouvertement que le traumatisme s’est produit dans un contexte militaire.

Tout au long de l’histoire des FAC, bien qu’il y ait eu de nombreuses dénonciations, quantité d’autres personnes n’ont pas signalé ces incidents. Elles craignent des représailles, une atteinte à leur carrière et le dénigrement, en plus de s’attirer des reproches liés au traumatisme. Le Centre d’excellence sur le TSPT soutient les personnes qui ont brisé le silence ainsi que celles qui ont choisi de garder le secret.

L’expérience d’un traumatisme sexuel militaire peut entraîner des sentiments de honte, de culpabilité et de colère. Les personnes qui en ont été victimes risquent davantage de souffrir du TSPT, de dépression, de toxicomanie, de problèmes de santé sexuelle et reproductive et de douleurs chroniques. Bon nombre de ces conséquences peuvent se prolonger tout au long de la vie et entraîner non seulement la détérioration des états de santé et de bien-être, mais aussi la perte d’une carrière importante. Le processus de déclaration ou de dépôt de plainte pour avoir accès à des services et à de l’aide peut être à nouveau traumatisant.

Les recherches et les données cliniques montrent que les femmes et les hommes semblent révéler des TSM en nombre semblable. Ces renseignements peuvent toutefois brosser un portrait inexact. Même s’il y a beaucoup moins de femmes que d’hommes dans les FAC, les femmes subissent proportionnellement beaucoup plus de traumatismes sexuels militaires que les hommes. Les expériences des hommes et des personnes 2SLGBTQ+ sont de plus en plus mises en avant, tout comme les défis spécifiques auxquels ils sont confrontés lorsqu’ils signalent les cas et cherchent des soins.

Le Centre d’excellence sur le TSPT estime qu’un changement culturel et systémique généralisé doit avoir lieu au sein des FAC, avec la participation active de la direction des FAC à tous les échelons et à tous les grades, afin que la question puisse être abordée de manière appropriée dans une perspective intersectionnelle et que d’autres cas d’inconduite soient évités. Les Forces armées canadiennes ont reconnu ce besoin dans la stratégie de changement de culture intitulée La voie vers la dignité et le respect, publiée en 2020. Cette stratégie présente une approche en trois volets. Premièrement, elle comprend les aspects de la culture des FAC qui doivent être éliminés, modifiés ou renforcés pour qu’un changement réel et durable se produise. Ensuite, elle identifie les changements nécessaires pour soutenir ceux qui signalent des cas afin d’éviter tout traumatisme secondaire involontaire, que ce soit par le biais de représailles ou de mesures d’adaptation qui peuvent sembler punitives. Enfin, elle reconnaît que les personnes qui ont subi un traumatisme sexuel militaire doivent avoir accès à des services, du soutien et des traitements ciblés appropriés.

Le Centre s’engage à sensibiliser le public aux TSM et à améliorer le bien-être des personnes qui en sont touchées, au moyen des actions suivantes :

  • la recherche sur les services et les programmes de soutien par les pairs; 
  • l’identification des besoins spécialisés des fournisseurs de services et des options de formation pour ces derniers;
  • la participation à la communauté de pratique sur les traumatismes sexuels dans l’armée canadienne et l’organisation collaborative d’un symposium de trois sessions (avec l’Université McMaster) sur les TSM qui sera présenté de juin à septembre 2021;
  • la recherche et l’éducation continues sur les liens directs entre les TSM et les répercussions envahissantes du TSPT;
  • la plus grande bienveillance à la divulgation afin de minimiser le potentiel de traumatisme secondaire;
  • le travail avec les parties prenantes pour faire progresser les options de traitement spécialisé pour les personnes ayant subi un TSM;
  • l’écoute assurée des personnes ayant vécu un TSM et l’utilisation de leur sagesse pour guider notre travail.

Nous gardons l’espoir qu’un réel changement est possible et que les Forces armées canadiennes peuvent être un milieu sûr, inclusif et favorable pour tous ses membres. Nous sommes prêts à collaborer avec les FAC et Anciens Combattants Canada pour soutenir la mise en œuvre efficace des objectifs de la stratégie La voie vers la dignité et le respect. Les personnes qui ont subi un traumatisme sexuel militaire méritent d’avoir accès à des services et à un soutien de grande qualité, qu’elles soient encore en service ou vétérans.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Joy Pavelich
Vice-présidente
Stratégie et opérations
Centre d’excellence sur le trouble de stress post-traumatique (TSPT)